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 Vaugeois.  
 
L’ancien château de Vaugeois, qui dépendit de Neuilly-le-Vendin jusqu’en 1755, fut démoli pendant la Révolution et remplacé par une construction plus modeste qui existe encore aujourd’hui, mais à laquelle des modifications ont été faites selon les caprices de ses nombreux possesseurs.  
Il était agréablement situé au haut d’un plateau qui domine la Mayenne, et au pied duquel s’étendent de magnifiques prairies. Vers le sud-est, du côté de la rivière, un jardin en terrasses descendait jusqu’à une large douve, alimentée par les eaux de la Mayenne, lesquelles y retournaient par un long canal, que côtoie encore une allée bordée de hêtres, derniers vestiges de l’ancienne demeure seigneuriale. Au nord-ouest, sur le plateau, s’étendaient des bois de haute futaie, qui formaient au tableau comme un encadrement de verdure.  
Le château de Vaugeois fut longtemps habité par une famille dont nous allons rapporter sommairement l’histoire, d’après le dictionnaire historique de le Paige.   
 
1507. – Jean Desprez, seigneur de Vaugeois, château situé dans la paroisse de Neuillé, fils de Guillaume Desprez, écuyer, épousa Jeanne de la Chapelle, fille de François, seigneur du Bois-Hamelin, et de Jeanne Tibergeau.  
1541. – Guillaume, seigneur de Vaugeois, le Bois-Hamelin, etc., épousa Jeanne le Royer, fille du seigneur du Mesnil. – sans enfants.-.  
Jeanne Desprez épousa Jean, seigneur de Mondot, dont Joachim qui suit.  
Joachim de Mondot hérita par sa mère de Guillaume Desprez, seigneur de Vaugeois, etc. Il épousa Nicole du Bailleul, dame de Corcé, Mellerai et les Echères.  
Joachim mourut environ l’an 1593 ; il resta de leur mariage, entre autres, Françoise.  
1585.- Françoise de Mondot, dame de Vaugeois, épousa Michel de Montreuil, seigneur de la Chaux, Baron des Corrats, chevalier de l’ordre du Roi, gouverneur de Cherbourg et Bailli d’Epée du Cotentin, à qui elle apporta la terre de Mondot, située dans la paroisse de Villiers-Charlemagne, les vignes de St Denis d’Anjou, Vaugeois, le Bois-Hamelin, Mellerai, etc.  
 
Ce Michel de la Chaux se signala dans les guerres de la ligue, sous le règne de Henri IV. Les ligueurs ayant formé le dessin de s’emparer de Cherbourg pendant la procession du jour des rameaux de l’année 1593, il découvrit leur projet, se mit en état de l’empêcher, ce à quoi il réussit si bien, qu’il les défit et prit leurs chefs auxquels il fit trancher la tête. Il fit mettre ces têtes sur les portes de la ville, ou on les voyait encore à la fin de 1600.  
En mémoire de cette délivrance, on a fait, pendant longtemps, autour de la ville, et du château de Cherbourg, une procession qui se nommait la procession de la Chaux.  
 
Le 26 avril suivant, le roi écrivit au dit sieur de la Chaux, pour le complimenter et lui marquer son contentement. Par brevet du 31 janvier 1594, le roi lui donna 12000 livres pour le récompenser des dépenses qu’il avait faites pour son service, entre autres pour l’armement de trois navires et pour la levée de cent arquebusiers pour la garnison de Cherbourg.  
En 1604, le roi lui donna le gouvernement de la ville et le château de St Sauveur. Le Vicomte, Michel de Montreuil mourut en 1621, laissant de son mariage avec Françoise de Mondot, trois enfants, dont l’aîné, Hervé qui suit :  
 
Hervé de Montreuil, seigneur de la Chaux, Vaugeois, Neuillé, etc., était en 1617 guidon de la compagnie de cent hommes d’armes commandés par Brandelis de Champagne, marquis de Villaines. En 1624 il était guidon de cent hommes d’armes des ordonnances du roi, commandés par le maréchal de Laval, Bois-Gauphin. En 1633, il fut pourvu de la charge de Capitaine Lieutenant des cent suisses de la garde du roi. En 1653 il fut bréveté de la charge de Bailli d’Epée du Cotentin. Le brevet, fut enregistré au bureau des finances de Caen en 1636, et au mois d’octobre de la même année, il eut un Etat de Maître d’Hôtel du roi. En 1639, il commanda l’arrière ban du Cotentin dont il était bailli d’Epée.  
 
Hervé de Montreuil, inhumé à Neuillé, mourut le 3 septembre 1671 à l’âge de 84 ans. Il avait épousé, par contrat du 24 août 1624, Jeanne Thomas, fille de Nicolas, seigneur de Verdun. Président au parlement de Normandie, dont :  
 
1) René, qui suit.  
2) Marie, qui fut mariée en 1673 à Claude Malet, seigneur de Courflu (1), à qui elle apporta la terre du Bois-Hamelin ; dont :   
Jeanne Marie, qui épousa Jean-Baptiste Boisvin, seigneur de Bonnetot, premier président de la cour des comptes de Normandie ; mort en 1706, laissant deux filles :   
1) Jeanne Marguerite, …  
2) Madeleine Catherine, qui épousa en 1711, Etienne d’Aligre. En 1714, ils vendirent le Bois-Hamelin à René de Montreuil.  
 
René Charles Henri de Montreuil, seigneur de la Chaux, Vaugeois, Neuillé, La Pallu, Mondot, la Bérandière, fief de Thuboeuf, de St Ouen-le-Brisoult, la Sauvagère, la Coulonge, etc., fut choisi en 1963, par la noblesse de Falaise et de Vire pour commander l’arrière ban sous Jacques de Montignon, comte de Chorigni, commandant pour le roi en Normandie. Il épousa en 1672, Le Zine de St Denis, fille de Pierre, seigneur de Grismault, Crux, la Bérandière ; etc... René mourut à Vaugeois de Neuillé en 1705, laissant de son mariages René Pierre Charles, qui suit, et Jeanne Henriette, qui fut mariée en 1677, à Pierre Marquis, seigneur de Villiers.  
René Pierre Charles de Montreuil, décéda à Vaugeois de Neuillé le 9 août 1779, à l’âge de 70 ans, épousa, en 1708, Charlotte Treton, dont il eut 5 enfants :   
1) René Charles Pierre, qui suit.  
2) Marguerite Elisabeth, qui épousa, le 22 septembre 1755, François Treton, chevalier, seigneur de Vaugeois, ancien lieutenant de nos seigneurs les maréchaux de France, compagnon de la Pérouse qui donna le nom de Vaugeois à un cap de la Tartarie chinoise.  
3) Hervé Pierre, mort en 1750, (à la Martinique) enseigne des vaisseaux du roi, - sans alliance.  
4) Jacques René, mort à Québec en Canada en 1760, capitaine des grenadiers au régiment de la Reine, chevalier de l’ordre militaire de St Louis. – sans alliance.  
5) Charlotte.  
 
René Charles Pierre de Montreuil, comte de la Chaux, seigneur de Vaugeois, le Bois-Hamelin, Neuillé, etc., a épousé, en 1742 dame Renée Françoise Olive Douesnel, fille de Jacques, Marquis e Montecot et de Honorée Thérèse Olive des Vaux, dame de Lévaré, St Berthevin, Hercé, Vieuvi, etc.  
De ce mariage est issu Charles Claude Olivier de Montreuil, né en 1745, et décédé à Rânes (orne) le 10 juillet 1818. Il se maria le 7 janvier 1774 avec dame Marie Louise Victoire d’Argouges de Rânes, héritière de son père le comte d’Argouges de Rânes, mort gouverneur d’Alençon, et de son oncle, le marquis d’Argouges de Rânes, maréchal des camps et armées du roi, mort à Rânes le 2 novembre 1787.  
Du mariage de Charles Claude Olivier de Montreuil avec dame Marie Louise Victoire d’Argouges, sont issus :  
1) Charlotte Olive Geneviève, qui suit.  
2) Un fils mort en bas âge.   
Nous rappellerons que, depuis 1755, Vaugeois ne fait plus partie de Neuillé, mais, en compensation, le Bois-Hamelin y est rattaché.  
(1) Dans la paroisse de St Aignan.  

 
Charlotte Olive Geneviève de Montreuil, née en 1774, a épousé, le 20 novembre 1801, Victor Amédée Marie, Prince de Broglie, Maréchal des camps et armées du roi, Conseiller d’Etat, chevalier de l’ordre du St Esprit, grand croix de l’ordre de St Maurice et du St Esprit de Sardaigne, commandeur de l’ordre de la légion d’honneur, membre de la chambre des députés de 1815 à 1822, décédé à Rânes le 22 décembre 1851, âgé de plus de 80 ans.  
 
Madame la princesse de Broglie est décédée à Rânes le 23 juillet 1839.  
 
La fille unique et héritière, Marie Victoire Gabrielle, décédée en 1863, avait épousé, le 20 novembre 1821, Charles Alphonse Désiré Eugéne, prince de Berghes St Wniock, chevalier de la légion d’honneur, créé Pair de France avec Hérédité, en 1827, sous le titre de Duc.  
 
De ce mariage est issu Eugéne Joseph Marie, prince de Berghes St Wniock, né le 11 août 1822, marié le 20 mais 1844 à dame Gabriel de Selliers, fille du baron et de la baronne de Selliers.  
 
De ce mariage sont issus :  
 
1) Marie Pierre Eugène, prince de Berghes né le 7 juillet 1846, lieutenant de chasseurs, mort à Sedan en 1870.  
2) Ghislain Marie Richard François, prince de Berghes, né le 23 mai 1849, lieutenant en 1870, blessé en décembre, (archives de la famille de Berghes).  
Toutes les propriétés que la famille de Berghes possédait dans la commune de Neuilly-le-Vendin ; le Bois-Hamelin, Préaux, le Moulin de Neuilly, ont été vendues en 1853.  


Bois-Hamelin.  
 
Le Bois-Hamelin, qui dépendit primitivement de St Ouen le Brisoult, fut, comme nous l’avons déjà dit, réuni à la paroisse de Neuillé vers 1755. En 1507, il avait déjà été réuni au domaine des seigneurs de Vaugeois, par le mariage de Jeanne de la Chapelle, fille de François, seigneur du Bois-Hamelin, avec Jean Desprez, seigneur de Vaugeois.  
Jeanne de la Chapelle était probablement fille unique, car, à partir de l’époque de son mariage, on voit toujours figurer le Bois-Hamelin parmi les nombreuses terres des seigneurs de Vaugeois.  
Il n’existe plus aucun vestige de l’ancienne demeure seigneuriale.  
 
La Rochelle.  
 
Au milieu du siècle, on voyait encore, au village de la Rochelle, les ruines d’une ancienne demeure seigneuriale, qui, depuis, ont complètement disparu. Une tourelle avec son escalier intérieur en pierres était assez bien conservée.  
La famille de la Rochelle, dont il a été impossible de retrouver la généalogie, n’a dû avoir qu’une courte existence.  
On dit dans les actes du temps :  
23 mais 1612. – Messire Aubry de Guillé, premier seigneur de la Rochelle.  
1653. – Julien Dujardin, sieur de la Rochelle.  
A partir de cette époque, il n’est plus fait mention de cette famille, qui semble avoir cessé d’exister.  
 
La Blinière.  

En compulsant les registres de la paroisse de Neuillé, on voit qu’une autre famille y a existé. Il mentionnent souvent sans nous renseigner sur ces personnages, les noms de M. et Mme de la Blinière ; mais on lit, aux actes de l’état civil de Couptrain :  
 
23 mais 1612. – M. Louis Poyvet ou PouYet de la Blinière, Ecuyer, conseiller du roi en son grand conseil, seigneur de Bourgon., Aron, Bois au parc, Bourgnouvel, Prez-en-Pail, Courfleur (courflu), est parrain de la grosse cloche de Couptrain, avec Mme Marie Dieux YvoYe, son épouse.  
9 janvier 1731. – Mme Robichon, épouse de M. Robichon de Levée, fermier général pour M. de la Blinière, est inhumé à Couptrain.  
 
Louis Poyvet, né à Mayenne, fut anobli par Louis XV en 1720.(histoire de la Mayenne par de la Fosse).  
Voilà tout ce qu’il a été possible de recueillir sur cette famille qui n’a laissé aucune trace dans la mémoire des plus ancien, et dont il ne reste aucun vestige de la demeure au village de la Blinière.  
 
Familles roturières. 
 
Outre les familles dont nous venons de parler, il en a existé encore d’importantes à Neuilly. L’une des principales est la famille De Beauvais, qui a été longtemps en possession des charges de notaire de Neuilly et de Couptrain.  
 
Dès 1498, le 12 juin, ont peut lire un contrat passé par De Beauvais, notaire à Couptrain ; le 9 janvier 1602, un contrat passé par René De Beauvais, notaire. Jean De Beauvais est notaire en 1612 ; Pierre De Beauvais, en 1614 : puis successivement, François De Beauvais, Mathurin De Beauvais, Nicolas De Beauvais, Pierre De Beauvais, etc.  
En 1599, on trouve dans les actes un De Beauvais paré du titre de sieur de Marmaigne, dont il est possesseur, René De Beauvais s’intitule sieur de la Gouesnière.  
 
Plusieurs membres de cette famille sont occupé des charges diverses : Julien De Beauvais fut avocat au siège de Lassay, Jehan De Beauvais, avocat au siège de Couptrain ; Félix De Beauvais, juge de paix à Couptrain : Jérôme De Beauvais, le jeune, notaire et Tabellion royal au Maine, réservé par sa Majesté pour la résidence de Couptrain et St Aignan.  
 
- En 1625, Jehan De Beauvais est Procureur fiscal ; en 1644, Jacques De Beauvais est bailly.  
 
Cette famille, aujourd’hui éteinte, n’a laissé que des descendants par alliance : les Maugé, les Ernault, les Pichereau, les Lamarre.  
La plus ancienne famille roturière, qui ait encore des représentants à Neuilly, est la famille Garnier. On trouve en effet aux archives du Mans, les actes suivants, dont nous avons déjà parlé, et qui en font mention :  
 
Acte de 1191. – Robertus de Nuille, témoin des largesses faites au moines de Perseigne par Robert, fils de Jehan, comte de Ponthieu, et par Garinus (Garnier) de Nuilleio, et plusieurs autres. Etc.  
Acte de 1211. – Garinus de Nuilleio, témoin de l’accord fait entre de moines de Perseigne et Robert, comte d’Alençon, pour ses droits d’usage dans les forêts de Perseigne et de Blèves.  
 
Ces actes sont une preuve de l’ancienneté de la famille Garnier et de la considération dont elle devait jouir dans la paroisse.  
Dans un testament du 3 mars 1662, un René Garnier intercède Mme Ste Anne de Neuillé.  
La première cloche, dont les registres de la paroisse fassent mention, fut bénite le 25 mai 1612. Le parrain fut François Garnier, procurateur de M. Aubry, seigneur de Guillé, premier seigneur de la Rochelle ; la marraine fut Anne, femme de François de Vannier.
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 Langue. 
 
Les habitants de la commune de Neuilly-le-Vendin parlent un français mélangé d’un assez grand nombre de mots patois, tels que : beille (ventre), blin (bélier), bère ( berceau), beuyer (beugler), berdancer (remuer), biser (embrasser), bulot (petite gerbe), berniques (yeux), couâ (corbeau), il chet (il tombe), couapiau (copeau), se chévir (se suffire), craquoi (mauvais fusil), chantiau (gros morceau de pain), coupiau (étoupe), coupier (accoupler), diaber (herser), étout (aussi), ergancier (églantier), érignée (araignée), équerviche  
(écrevisse), foutre (mettre, donner), goule (gueule, figure)- y m’a foutu par la goule (il m’a donné un coup de poing sur la figure), hâe (haie), haricotier (homme peu loyal), gars (garçon), garsette (fille), ilen (ici, là), juper(appeler), landois(licou), mignen(petit enfant), pouche(sac), pigner(pleurer), lait betelé(lait caillé), rande(andain), subier(siffler), tétan(tante), querir(chercher), yanda(gland), etc.  
Ces mots, pour la plupart, tendent à disparaître à mesure que l’instruction se répand, et ne sont plus guère employés que par les gens d’un certain âge ; par contre, la prononciation, qui est très défectueuse, paraît devoir se conserver plus longtemps. Beaucoup de personnes prononcent encore art à la troisième personne du pluriel de certains verbes, et disent : y mangeant, pour ils mangent. Le son eau se prononce iau dans les noms : coutiau(couteau), martiau(marteau). Dans beaucoup de mots, les sons a,o,oi se prononcent é : yéner(glaner), arrécher(arracher), abéyer(aboyer), créyance(croyance), Pésson(poisson), adrés(adroit), - blé, clé, plé se prononce bié, quié, pié : bié(blé), cerquier(sarcler), peupier(peupler). On prononce longuement beaucoup d’a brefs de même qu’on fait souvent sonner des consonnes à tort. On entendra dire : là zà tu ouie subier, la couleuvre dans la hâe, pour : as-tu entendu siffler la couleuvre dans la haie.  
On a aussi une grande tendance à prononcer les è ouverts comme des é fermés.  
Costume, mœurs. - Le costume et les mœurs des habitants de Neuilly ne présentent aucune particularité qui les distingue de ceux des communes voisines. La blouse y est, ainsi que dans toute la contrée, le vêtement que préfèrent les hommes, fidèles à la coutume de leurs ancêtres.  
 
Caractère. 
 
Plutôt sombre que gai, peu communicatif, légèrement dissimulé, très réservé, défiant même à l’égard des étrangers qu’il appelle (hors-vint), loyal et franc en apparence, mais manquant souvent de ces deux qualités dans ses relations commerciales, préférant un procès à un accommodement, poussé en cela par son excessif amour du coin de terre qu’il entend léguer intact à ses enfants : tel est, en général, le vieux paysan de Neuilly, sur lequel on sent qu’a soufflé le vent de la Normandie.  
Les jeunes gens, et surtout les ouvriers, qui, au contact des habitants de la ville ont pris une certaine teinte de civilisation plus raffinée, sont plus gais, plus expansifs, sans excès, d’un caractère plus ouvert et d’un commerce plus agréable et plus facile.  
 
Superstition. 
 
Avant que l’instruction n’eut éclairé l’intelligence des habitants de la contrée, leur ignorance n’avait d’égale que leur superstition, entretenue par les récits légendaires des grand’mères, que les enfants écoutaient avec une religieuse frayeur, lorsque, le soir, la famille était réunie dans la sombre chaumière, à peine éclairée par la faible lueur du foyer.  
C’était l’âge d’or des fées.  
Les retraites de ces mystérieux personnages étaient les gorges de Villiers, - rochers qui, sur le territoire de la commune de St Ouen-le-Brisoult, enserrent le lit de la Gourbe, affluent de la Mayenne et les rochers de St Calais, - Aujourd’hui, saut-à-la-biche, sur la Doucelle.  
Leur puissance était aussi grande que la confiance qu’on avait en elle : elles pouvaient tout. Quelquefois génies du mal, elles étaient le plus souvent des êtres bienfaisants à qui le paysan recourait dans ses moments de détresse. Lui manquait-il un cheval, un bœuf, une charrue, ou tout autre objet nécessaire à son exploitation ; il s’empressait de le demander à la mystérieuse enchanteresse. S’il avait le don de lui plaire, il était persuadé qu’il trouverait l’objet demandé à sa porte, le lendemain à son réveil.  
La charité chrétienne, si vive dans les premiers temps du christianisme, avait peut-être fait quelques-uns de ces miracles que l’ignorance attribuait aux fées. Ce qui le ferait supposer, c’est que le mystérieux personnage n’avait pas le don de la divination, car il n’accordait exactement que ce qu’on lui demandait ; et si, par exemple, le soc manquait à la charrue, il fallait faire une nouvelle demande pour l’obtenir.  
Cette croyance aux fées s’est conservée jusqu’en plein XIXeme siècle, et il n’y a pas longtemps encore, on trouvait à Neuilly des gens à l’intelligence bornée croyant fermement aux sorciers ; peut-être même en existe-t-il encore aujourd’hui. On en cite qui se sont laissé extorquer une partie de leur avoir par des empiriques peu scrupuleux.  
De ces croyances devaient nécessairement naître des pratiques superstitieuses, qui étaient nombreuses, et se manifestaient particulièrement à l’occasion des mariages.  
Le jour de la cérémonie religieuse, la mariée ne chaussait ses souliers qu’à l’entrée de l’église. A ce moment, un de ses amis avait soin d’introduire, à son insu, une pièce d’argent dans son soulier du pied droit. Il la préservait ainsi des maléfices auxquels elle était exposée pendant la messe, particulièrement au moment de l’élévation.  
On était persuadé aussi que l’époux dont le cierge brûlait le plus lentement survivrait à l’autre.  
Au sortir de l’église, si l’époux désirait pour premier né un garçon, il avait soin de faire présenter l’eau bénite à sa compagne par la main d’un homme. Si c’était une main de femme qui la lui présentait, le premier né devait être une fille.  
Lorsque plusieurs mariages se célébraient le même jour, les époux qui, les premiers, recevaient la bénédiction nuptiale, avaient seuls chance et bonheur.  
Pour rien au monde on n’aurait voulu se marier certains jours ou au mois de mai ; on aurait cru s’exposer, ainsi que ses enfants, aux plus grands malheurs.  
Le dimanche à la grand’messe, si, au moment de l’élévation, la cloche tintait en même temps que sonnait l’horloge du clocher, une personne devait mourir dans la semaine.  
Partant en voyage, rencontrer dans son chemin un prêtre, une religieuse ou certains oiseaux portaient malheur.  
Si l’on voulait obtenir une bonne récolte de sarrasin, il fallait le semer le 1er, le 3, le 5, le 7ou le 9 juin.  
Pour préserver ou guérir les enfants des convulsions, on les plongeait dans l’eau de certaines fontaines ; ce qui explique la mortalité que nous avons constatée au commencement du siècle. 
Revenants 
 
La croyance aux revenants était aussi profondément enracinée. Pendant longtemps, on entendit, sans jamais rien voir, dans un champ situé au haut du plateau qui fait face au bourg, de l’autre côté de la Mayenne, une voix qui répétait sans cesse : « Prends une raie à droite et mets la à gauche ».  
L’opinion était que le propriétaire de ce champ l’avait agrandi aux dépens du voisin. Quand la voix cessa de se faire entendre, on crut que le propriétaire du terrain usurpé, qui demandait restitution avait pardonné.  
Un autre revenant se voyait aussi fréquemment au carrefour de la Croix-Rouge (ainsi nommé à cause de la croix peinte en rouge qui s’y trouvait) à l’angle du chemin de la Pallu et de celui de la Rosière. Aux rares passants que la curiosité poussait à s’approcher de lui, il disait d’une voix sépulcrale : « Passez votre chemin, et n’ayez pas peur. »  
Le revenant qui fit le plus de bruit dans la contrée, et dont le souvenir est encore présent à toutes les mémoires, fut sans contredit celui de la Baratte, ferme située dans la commune de St Calais-du-Désert, sur les confins de celle de Neuilly.  
On l’avait nommé Marianne. Il était la terreur des habitants de la ferme dans les bâtiments de laquelle il faisait beaucoup de bruit à certaines époques de l’année, principalement à la Noël.  
Ce fantôme ne permettait pas au fermier d’attacher tous ses bœufs à l’étable ; il avait la bizarrerie d’en vouloir un, toujours le même, qui fut libre ; mais il ne permettait pas ) cet animal, quelque méchant qu’il fut, de faire de mal aux autres.  
Lui seul le nourrissait sans qu’on s’en aperçut, et si quelqu’un s’avisait de jeter du fourrage dans son râtelier, ce fourrage disparaissait aussitôt, Malgré cela, le bœuf était toujours le plus gras.  
Le fermier n’avait jamais à craindre de manquer de fourrage pour cet animal, car, alors même que son fenil était vide, il lui suffisait de dire : « Marianne, ne jette pas de foin à son bœuf. » Aussitôt le râtelier s’emplissait, car Marianne avait l’esprit de contradiction.  
Malheur à celui qui eut osé s’opposer aux bizarreries de l’étrange personnage ; il se fut exposé à ses vengeances qui devaient être terribles, car on parle de gens rôtis à la Noël. Par contre, Marianne était tout à fait inoffensive à l’égard de ceux qui se conformaient à ses volontés.  
La plupart de ces revenants devaient être le fait de gens malintentionnés, qui exerçaient ainsi des vengeances personnelles, et dont les actes, singulièrement exagérés par des esprits superstitieux que troublait a peu, tournaient au surnaturel.  
Quant à l’origine de ceux qui apparaissaient aux environs des croix et des cimetières, elle semble remonter au temps des anciennes pénitences canoniques, que l’église imposait à ceux qui s’étaient rendus coupables de crimes. Les pénitents les accomplissaient la nuit, en se déguisant pour n’être pas reconnus.  
Aujourd’hui, grâce à la lumière de l’instruction, fées et revenants ont disparu.  
 
Assemblées. 
 

La paroisse de Neuilly-le-Vendin est placée depuis longtemps sous le patronage de la Vierge, dont elle célèbre la fête le 8 septembre.  
Vers 1792, le comte de Montreuil, seigneur de Vaugeois, avant de partir pour l’exil, fit don à l’église d’une statue de la Vierge qui en orne encore une des chapelles aujourd’hui. Il est probable qu’à cette occasion des fêtes publiques eurent lieu : d’où l’origine de celle qui se célèbre chaque année le dimanche qui suit le 8 septembre, et à laquelle viennent prendre part un grand nombre d’habitants des communes voisines.  
On appelle cette fête l’angevine, du nom des foires qui se tiennent à Laval à la même époque, et ou se rendaient autrefois beaucoup d’habitants de l’Anjou.  
 
FIN  
 
 
Les renseignements, pour cette monographie, ont été puisés aux sources suivantes :  
1) Archives de la commune et de la paroisse.  
 
2) Notice historique de Neuilly-le-Vendin, par M. LAMARRE, ex-instituteur.  
3) Dictionnaire de LE PAIGE.  
 
4) Dictionnaire historique par GREGOIRE ;  
5) M. LEMONNIER, conducteur des ponts et chaussées, à COUPTRAIN, et un octogénaire, M. YVON, en ont aussi fourni.